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L’ostéopathie des non médecins :

2012-09-11 04:55

L’ostéopathie des non médecins : DANGER
01/08/2012 - par J.L. MATHIEU
Trop de jeunes diplômés, des formations nulles, des risques pour les patients. Le ministère de la Santé prépare une réforme.

L’ostéopathie non médicale est en crise. 3000 nouveaux diplômés non médecins formés chaque année ne trouvent pas assez de malades à soulager. Principale cause : l’explosion démographique, la multiplication du nombre d’établissements délivrant le titre d’ostéopathe non médecin.
La mauvaise qualité de l’enseignement crée un risque pour les malades.

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) stigmatise la faillite du ministère de la Santé. Sévère, le texte, datant de 2010, juge la procédure d’agrément des écoles "faussement contraignante", "mal organisée", "de faible qualité". Les établissements forment au prix fort (40.000 euros pour cinq ans d’études) des bacheliers ou des professionnels de santé - kinésithérapeutes, infirmiers - à une sous-ostéopathie : programmes fantaisistes, enseignants non qualifiés, locaux exigus ou inexistants, promotions pléthoriques pour gagner toujours plus, absence de stages pratiques. Des commissions d’agrément ont vu passer plusieurs dossiers "complètement farfelus", de fausses attestations d’écoles, de faux diplômes, des diplômes portant le même numéro. "On peut poser sa plaque sans jamais avoir touché un malade", déclare un ostéopathe non médecin qui assure que la piètre qualité de l’enseignement entraînera tôt ou tard "un risque pour les patients". Un délégué régional d’une association reçoit chaque semaine dans son cabinet des victimes de mauvais traitements.

Philippe Vautravers, professeur de rhumatologie et Médecin Ostéopathe à Strasbourg, prévient : "Il y a de rares accidents neurologiques graves et de rarissimes AVC dus à de mauvaises manoeuvres … les cas ne sont pas rendus publics." Médecin ostéopathe exerçant en région parisienne, Jean-Claude Doukhan rapporte plusieurs cas de touchers vaginaux et rectaux pratiqués par des ostéopathes non médecins, actes pourtant formellement interdits aux non-médecins et assimilables à des viols. Une jeune patiente a débarqué dans son cabinet horrifiée de s’être vu mettre un doigt dans le vagin alors qu’elle souffrait des cervicales. Certains ostéopathes non médecins se dispensent du certificat médical nécessairement fourni par les parents pour recevoir en consultation des nourrissons de moins de six mois, on travaille dans l’illégalité chez les ostéopathes non médecins.

Le ministère de la Santé prépare une réforme, comme l’a annoncé mardi au Sénat Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la Famille. En attendant, pour trouver un bon ostéopathe, il faut consulter un MEDECIN-OSTEOPATHE.

Texte élaboré à partir de l’article de Anne-Laure Barret - Le Journal du Dimanche samedi 21 juillet 2012

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